Sortie du régime micro 2026 : conséquences fiscales et plan d'action 12 mois
Mis à jour le 12 mai 2026 — Sources : impots.gouv.fr, Urssaf, Service-Public Pro.
En bref
- Le dépassement des plafonds 83 600 € (services) ou 203 100 € (vente) deux années consécutives entraîne la sortie automatique du régime micro.
- La sortie se fait au 1er janvier de l'année N+2 après le second dépassement.
- Trois options s'ouvrent : EI au réel, EURL, ou SASU — chaque option ayant son régime social et fiscal propre.
- Il est crucial de planifier la transition sur 12 mois : choix de structure, ouverture compte pro, comptabilité, TVA, déclarations.
1. Comprendre le seuil de sortie
Les plafonds de CA en micro-entreprise sont stables depuis plusieurs années en 2026 :
- Activités de services (BIC et BNC) : 83 600 €
- Vente de marchandises, hébergement, restauration : 203 100 €
Un dépassement la première année ne fait pas sortir du régime micro : il déclenche simplement les obligations de TVA dès le mois de dépassement du seuil majoré (41 250 € en services, 101 000 € en vente).
Un dépassement deux années consécutives entraîne la sortie automatique au 1er janvier de l'année suivante. C'est ce seuil que l'on appelle communément « sortie du régime micro ».
2. Les trois options de basculement
Option A — Entreprise Individuelle (EI) au réel
Continuité juridique parfaite avec la micro : pas besoin de changer de structure, simplement de régime fiscal.
- Cotisations TNS sur le bénéfice (~44 %).
- IR au barème progressif sur le revenu net.
- Tous les frais réels devenus déductibles (loyer, matériel, sous-traitance, déplacements).
- Pas de protection patrimoniale supplémentaire au-delà de la séparation auto déjà appliquée depuis 2022.
Option B — EURL
Création d'une société à associé unique. Possibilité d'opter pour l'IS (taux 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %).
- Séparation totale du patrimoine personnel et professionnel.
- Cotisations TNS sur la rémunération du gérant (en EURL à l'IS) ou sur le bénéfice (en EURL à l'IR).
- Capacité à mettre du résultat en réserve via l'IS.
- Voir notre article EURL : IR ou IS pour l'arbitrage.
Option C — SASU
Structure préférée pour les profils visant une croissance rapide ou un fort niveau de dividendes.
- Statut assimilé-salarié : couverture sociale équivalente au régime général (hors chômage).
- Dividendes au PFU 30 % sans cotisations TNS.
- Coût des charges plus élevé sur le salaire (~75-82 % du net), compensé par l'avantage dividendes.
- Voir notre article EURL ou SASU.
3. Plan d'action sur 12 mois
| Mois | Action principale |
|---|---|
| M-12 à M-9 | Simuler les trois options sur les revenus prévisionnels (3 scénarios) |
| M-9 à M-6 | Choix de la structure cible — consulter un expert-comptable |
| M-6 à M-3 | Préparer les statuts, ouvrir un compte pro, choisir un logiciel comptable |
| M-3 à M-1 | Inscription au registre, formalités, capital, déclaration au SIE |
| M0 (1er janvier) | Bascule effective — première facture sous nouveau régime |
| M+3 | Première liasse comptable, première déclaration de TVA |
4. Impacts à anticiper
- Hausse de la pression administrative : comptabilité, bilans annuels, liasse fiscale.
- TVA : si elle n'était pas déjà collectée, elle le sera (sauf maintien de la franchise dans certains cas particuliers).
- Cotisations sociales : la première année de TNS au réel se fait sur une base forfaitaire, régularisée en N+1 — prévoir un complément à payer.
- Frais d'expertise comptable : compter 1 500 à 3 500 € par an selon le statut et le volume d'activité.
- Trésorerie : prévoir une réserve équivalente à 30 % du CA pour absorber les premières échéances.
5. Exemples chiffrés — CA 90 000 € en BNC après dépassement
Scénario EI au réel
- Charges déductibles estimées : 8 000 € (logiciels, matériel, formation)
- Bénéfice avant cotisations : 82 000 €
- Cotisations TNS ~44 % : 36 080 €
- Bénéfice net : 45 920 €
- IR (célibataire, TMI 30 %) : ~7 200 €
- Net disponible : ~38 700 €
Scénario SASU SMIC + dividendes
- Salaire net 17 000 € (coût total 33 000 €)
- Bénéfice après rémunération : 49 000 €
- IS : 42 500 × 15 % + 6 500 × 25 % = 6 375 + 1 625 = 8 000 €
- Dividendes bruts : 41 000 €
- Flat tax 30 % : 12 300 €
- Net dividendes : 28 700 €
- Total net : ~45 700 €
Dans cet exemple, la SASU rapporte environ 7 000 € de plus, mais au prix d'une comptabilité plus lourde et de cotisations sociales acquittées toute l'année.
5 erreurs fréquentes lors de la sortie
- Attendre le dernier moment. La transition prend 6 à 9 mois en pratique.
- Sous-estimer les frais comptables. Provisionner 2 000 €/an dès le projet.
- Ignorer la TVA en cours d'année. Le dépassement du seuil majoré rend la TVA exigible immédiatement.
- Choisir SASU sans simulation. Le poids des charges peut surprendre si l'activité reste basse.
- Ne pas anticiper la régularisation des cotisations N+1. En première année TNS au réel, le complément peut atteindre plusieurs milliers d'euros.
Calculé par notre simulateur
Micro ou réel à 50 000 € de CA : l'effet des frais réels
À chiffre d'affaires identique, le bon régime dépend de vos charges. En micro elles ne sont pas déductibles des cotisations ; au réel elles le sont. Calculs 2026 pour une activité BNC, célibataire, une part.
| Frais réels | Net en micro | Net en EI au réel | Écart annuel |
|---|---|---|---|
| 0 % du CA | 34 196 € | 26 196 € | − 8 000 € pour le réel |
| 10 % du CA | 29 196 € | 23 704 € | − 5 492 € pour le réel |
| 20 % du CA | 24 196 € | 21 212 € | − 2 984 € pour le réel |
| 30 % du CA | 19 196 € | 18 720 € | − 476 € pour le réel |
| 40 % du CA | 14 196 € | 16 228 € | + 2 032 € pour le réel |
Le net inclut les frais réellement payés dans les deux régimes : c’est la seule façon de les comparer.
FAQ détaillée
Peut-on rester en micro après un seul dépassement ?
Oui, un seul dépassement ne fait pas sortir du régime micro. Vous restez en micro l'année suivante. Mais la TVA s'applique à partir du mois où le seuil majoré est franchi.
Peut-on choisir entre EI, EURL ou SASU en sortie de micro ?
Oui, le choix est libre. L'EI au réel est la plus simple (continuité juridique), tandis que l'EURL et la SASU impliquent la création d'une société.
Faut-il fermer la micro-entreprise pour créer une EURL ou SASU ?
Oui, la micro-entreprise doit être radiée avant l'immatriculation de la nouvelle société, ou le même jour. L'expert-comptable orchestre généralement la séquence.
La sortie est-elle rétroactive ?
Non, la sortie automatique intervient au 1er janvier de l'année N+2 après deux dépassements consécutifs. Les revenus de l'année N+1 restent imposés sous le régime micro.
Et si je veux sortir volontairement avant le seuil ?
C'est possible : renoncer au régime micro en optant pour le régime réel ou en créant une société. Voir notre article EURL IR vs IS.
Aller plus loin
- EURL ou SASU : comparatif
- SASU : frais professionnels
- Simulateur auto-entrepreneur
Sources officielles
- impots.gouv.fr — micro et réel : impots.gouv.fr
- Urssaf — sortie du régime micro : urssaf.fr
- Service-Public Pro — changement de régime : entreprendre.service-public.fr
- BOFiP — passage du micro au réel : bofip.impots.gouv.fr